TVA travaux plomberie rénovation : 10 %, 5,5 % ou 20 %

Des travaux de plomberie dans un logement achevé depuis plus de deux ans se facturent avec une TVA de 10 %, contre 5,5 % pour certains équipements de rénovation énergétique et 20 % dans le neuf. Le taux dépend du logement et de la nature de l’intervention, jamais du statut de celui qui règle la facture.
Cette mécanique tient en trois articles du code général des impôts, mais elle bouge : un taux de plomberie a changé deux fois en trois mois début 2025, et le justificatif que tout le monde connaissait a disparu la même année. Voici ce qui s’applique aujourd’hui, poste par poste.
Trois taux, deux questions : quel logement, quels travaux
Le taux ne se négocie pas et ne se choisit pas. Il découle de deux constats objectifs que l’artisan doit établir avant d’éditer son devis : l’âge du logement d’abord, la nature technique des travaux ensuite.
Le taux de 10 %, régime courant de la plomberie
L’article 279-0 bis du code général des impôts vise les travaux « d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien » portant sur des locaux à usage d’habitation. Les travaux de plomberie courants tombent dans ce périmètre : remplacement d’une colonne d’évacuation, réfection d’une salle de bains, changement d’un mitigeur, réparation d’une fuite.
Une seule condition d’ancienneté : le logement doit être achevé depuis plus de deux ans. Le Bulletin officiel des finances publiques, mis à jour le 22 octobre 2025, précise que cette ancienneté s’apprécie à la date de début des travaux, pas à la signature du devis ni au paiement.
La qualité du client n’entre pas en compte. Propriétaire occupant, bailleur, locataire, syndic ou syndicat de copropriétaires relèvent du même taux, toujours selon le Bulletin officiel des finances publiques. C’est le local qui commande. Sont en revanche exclus les locaux purement commerciaux ou professionnels, les hôtels et hébergements touristiques, ainsi que les bâtiments agricoles.
Le taux de 5,5 %, réservé à la performance énergétique
L’article 278-0 bis A du code général des impôts abaisse la TVA à 5,5 % pour la pose, l’installation, l’adaptation ou l’entretien d’équipements d’économie d’énergie, dans des logements achevés depuis au moins deux ans. Les caractéristiques techniques exigées sont fixées par arrêté, aux articles 30-0 D et suivants de l’annexe IV au même code.
Côté plomberie et chauffage, le Bulletin officiel des finances publiques range dans ce champ les pompes à chaleur, le solaire thermique, les chaudières biomasse, la production d’eau chaude sanitaire d’origine renouvelable, la ventilation mécanique double flux ou hygroréglable, le calorifugeage des canalisations, l’équilibrage des systèmes de chauffage, les robinets thermostatiques et les régulateurs programmables.
Un chantier mixte se ventile ligne par ligne. Poser une pompe à chaleur et refaire au passage l’évacuation de la salle de bains donne un devis à deux taux, ce qui est parfaitement régulier.

Le taux normal de 20 %, quand le chantier sort de la rénovation
Le taux plein revient dès que le logement a moins de deux ans, dans la construction neuve, et dans les locaux non affectés à l’habitation. Il s’applique aussi quand les travaux concourent à la production d’un immeuble neuf au sens du 2° du 2 du I de l’article 257 du code général des impôts, en cas de surélévation, ou lorsqu’ils augmentent la surface de plancher de plus de 10 % sur une période de deux ans au plus.
Ce dernier point piège les extensions. Ajouter une pièce d’eau dans une véranda neuve qui pousse la surface au-delà du seuil bascule l’ensemble du chantier au taux normal, plomberie comprise.
| Situation du chantier | Taux applicable | Référence |
|---|---|---|
| Entretien, réparation, remplacement dans un logement de plus de 2 ans | 10 % | Art. 279-0 bis du CGI |
| Équipement de rénovation énergétique éligible, logement de 2 ans et plus | 5,5 % | Art. 278-0 bis A du CGI |
| Logement de moins de 2 ans ou construction neuve | 20 % | Art. 279-0 bis, 2 du CGI |
| Extension augmentant la surface de plancher de plus de 10 % | 20 % | Art. 279-0 bis, 2 du CGI |
| Local commercial, professionnel, hôtelier ou agricole | 20 % | BOFiP, 22 octobre 2025 |
Chaudières gaz et fioul : le taux a basculé le 1er mars 2025
Voilà le changement que beaucoup de particuliers ignorent encore. L’article 32 de la loi de finances pour 2025, promulguée le 14 février 2025, soumet au taux normal de 20 % la fourniture et l’installation d’une chaudière susceptible d’utiliser des combustibles fossiles. La mesure produit ses effets depuis le 1er mars 2025.
La trajectoire a été brutale : la Fédération française du bâtiment rappelait en février 2025 que ces équipements étaient passés de 5,5 % à 10 % en janvier 2025, puis à 20 % deux mois plus tard. Trois taux différents en trois mois sur le même appareil.
Une mesure transitoire a protégé les chantiers déjà engagés : les opérations dont le devis avait été daté, accepté par les deux parties et suivi d’un acompte encaissé avant le 1er mars 2025 restent au taux antérieur. Cette fenêtre est aujourd’hui refermée pour tout nouveau projet.
L’entretien et la réparation d’une chaudière existante échappent en revanche à ce durcissement. La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment le rappelait encore en juin 2026 : la maintenance reste au taux réduit, 5,5 % pour les modèles très haute performance énergétique visés par l’annexe IV du code général des impôts, 10 % dans les autres cas. Un contrat d’entretien annuel facturé à 20 % mérite donc une explication écrite.
Ce que le taux réduit couvre réellement sur la facture
Le taux réduit s’applique à la prestation, main d’œuvre et fournitures comprises, à une condition : que l’entreprise fournisse et facture elle-même le matériel posé. Le Bulletin officiel des finances publiques est explicite. Quand le particulier achète lui-même les matières premières, seule la main d’œuvre facturée par l’entreprise qui les met en œuvre bénéficie du taux réduit.
Concrètement, un chauffe-eau acheté en grande surface de bricolage supporte 20 % à la caisse, définitivement. Le plombier appelé ensuite pour la pose facturera 10 % sur sa seule intervention. Acheter le matériel soi-même pour économiser fait donc perdre dix points de TVA sur la partie la plus chère du chantier, un arbitrage à poser avant de comparer les tarifs pratiqués par intervention.

Reste le cas des gros équipements, listés à l’article 30-00 A de l’annexe IV au code général des impôts et facturés au taux normal même en rénovation. Cette liste tient en quatre postes : les équipements de chauffage collectifs situés dans un immeuble comportant plusieurs locaux, l’ascenseur, la cabine de hammam ou de sauna prête à poser, et les systèmes de climatisation ainsi que les pompes à chaleur de type air/air.
Bonne nouvelle pour un particulier : la plomberie sanitaire courante n’y figure pas. Baignoire, douche, receveur, cuvette de WC, lavabo, robinetterie, tuyauterie et évacuations restent au taux réduit quand un professionnel les fournit et les pose dans un logement ancien. Une ligne de devis qui justifie 20 % sur un remplacement de baignoire par l’argument du « gros équipement » ne tient pas.
La mention qui a remplacé l’attestation de TVA
L’attestation à remettre à l’artisan, connue sous les formulaires 1300-SD et 1301-SD, n’existe plus. L’article 41 de la loi de finances pour 2025 l’a supprimée, comme l’a commenté le Bulletin officiel des finances publiques dans son actualité du 22 octobre 2025. À sa place, une certification que le client porte et signe directement sur le devis ou sur la facture.
Le texte modèle publié par l’administration engage le preneur sur trois points : le local est à usage d’habitation, il est achevé depuis plus de deux ans, et les travaux n’ont pas eu pour effet, sur une période de deux ans au plus, de produire un immeuble neuf ni d’augmenter la surface de plancher de plus de 10 %. Pour le taux de 5,5 %, une confirmation supplémentaire porte sur la nature énergétique de la rénovation.
Une tolérance existe pour les petits montants : le Bulletin officiel des finances publiques admet que ces mentions ne figurent ni sur le devis ni sur la facture lorsque les travaux de réparation et d’entretien restent inférieurs à 1 000 euros toutes taxes comprises. La plupart des dépannages de plomberie passent sous ce seuil.
Gardez le dossier. Le code général des impôts impose au client de conserver devis et factures jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la facturation, et à l’entreprise de les tenir à l’appui de sa comptabilité.
Vérifier le taux avant de signer
En plomberie, le devis écrit ne dépend d’aucun montant plancher. L’arrêté du 24 janvier 2017 relatif à la publicité des prix des prestations de dépannage, de réparation et d’entretien dans le bâtiment, applicable depuis le 1er avril 2017, impose un devis détaillé avant exécution pour la plomberie et les sanitaires, quel que soit le prix. Ce document doit porter le décompte en quantité et en prix de chaque prestation, ainsi que le prix total toutes taxes comprises avec la TVA précisée.
Trois réflexes suffisent à contrôler la ligne fiscale :
- Repérez l’année d’achèvement du logement et comparez-la à la date prévue de démarrage, pas à celle du devis.
- Vérifiez que chaque poste porte son propre taux quand le chantier mêle rénovation classique et équipement énergétique.
- Refusez un devis qui affiche uniquement un montant toutes taxes comprises, sans base hors taxes ni taux : la comparaison entre deux artisans devient impossible.
L’écart n’a rien de symbolique sur un chantier de taille moyenne. Pour une réfection de salle de bains à 4 000 euros hors taxes, la différence entre les deux taux courants dépasse le prix d’une robinetterie complète.
| Base hors taxes | TVA à 5,5 % | TVA à 10 % | TVA à 20 % |
|---|---|---|---|
| 1 200 € | 1 266 € | 1 320 € | 1 440 € |
| 4 000 € | 4 220 € | 4 400 € | 4 800 € |
Cette lecture complète les autres contrôles décrits dans nos conseils pour lire un devis de plombier, aux côtés du taux horaire et des frais de déplacement détaillés dans le référentiel des prix de plomberie.

Erreur de taux : qui règle l’addition
Le redevable de la TVA reste l’entreprise. En cas de contrôle, c’est elle qui subit le rappel de taxe si elle a facturé 10 % là où 20 % s’imposaient. Cette responsabilité explique la prudence de certains artisans face à un logement dont l’ancienneté n’est pas documentée.
Le code général des impôts prévoit toutefois une exception nette : lorsque les mentions certifiées par le client se révèlent inexactes, celui-ci devient solidairement tenu au paiement du complément de taxe. Signer une certification en affirmant qu’un logement livré l’an dernier a plus de deux ans expose donc directement le particulier.
Le Bulletin officiel des finances publiques précise enfin la conduite à tenir en l’absence de certification : le prestataire doit appliquer le taux normal et distinguer clairement sur la facture les travaux relevant du taux réduit. Un plombier qui réclame la mention signée avant de facturer à 10 % applique la règle, il ne complique pas la vie de son client.
Prochaine étape : ressortez la date d’achèvement de votre logement, puis demandez à chaque artisan un devis ventilé hors taxes, taux par ligne. Deux estimations comparables sur cette base, obtenues auprès de professionnels de votre secteur, suffisent à repérer une erreur de taux avant qu’elle ne devienne une facture.